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Halory Goerger

Bravo Zoulou

Ma pratique artistique, au départ, s’est faite dans le cadre de ma recherche universitaire, et j’ai rapidement dû la déplacer sur un plateau.

Parlez-nous de votre parcours…

Ma pratique artistique, au départ, s’est faite dans le cadre de ma recherche universitaire, et j’ai rapidement dû la déplacer sur un plateau. J’ai commencé le spectacle vivant en 2002, à travers la performance, dans des petites formes singulières qui mélangeaient la vidéo, la poésie et l’action, et qui questionnaient beaucoup la notion de format. J’avais aussi une identité de plasticien dans des projets relevant de l’art documentaire.
Avec d’autres plasticiens, nous avons aggloméré nos pratiques individuelles dans une sorte de cabaret que l’on diffusait hors circuit. C’est sans doute ce départ un peu brut qui a créé chez moi des réflexes d’autonomie dans les moyens de production d’une œuvre. En 2004, Métrage Variable, mon premier solo, a commencé à tourner, ce qui m’a amené à tâter de divers modes de production et de diffusion. Et en 2007, à l’époque d’une pièce intitulée &&&&& & &&&, on a ressenti avec ceux qui allaient devenir les cofondateurs de l’amicale, le besoin de fonder une structure commune, qui est devenue l’Amicale de production. J’en ai assuré la co-direction artistique jusqu’en 2016. Après presque quinze ans de collectif, j’ai voulu prendre une autre voie, et j’ai créé une autre compagnie : Bravo Zoulou.
A mon sens, Germinal est un spectacle de synthèse qui est arrivé au bon moment. Nous avions énormément de matériau – l’écriture s’est faite sur plus de deux ans. Cela me tenait à cœur d’imaginer une nouvelle histoire des sciences et techniques, une histoire des idées pensées pour un plateau. C’est une pièce très circulaire, qui respecte une grande partie des codes du théâtre (unité de temps, de lieu, d’action) mais qui, en même temps, exploite des ressources conceptuelles inhabituelles au plateau. 

J’ai eu la chance de beaucoup tourner et, dans le cadre de ces projets de longue haleine, de pouvoir apprendre tous les métiers, à chaque endroit de la chaîne de production d’un spectacle ou d’une installation, y compris des enjeux de scéno, de technique ou de production. Ce qui me donne aujourd’hui un regard global sur la conduction de projets, même si mes activités principales restent d’écrire, de mettre en scène et d’interpréter.
Le phénix accompagne tous mes projets. J’ai rencontré Romaric Daurier autour de Métrage variable, que j’ai repris au phénix dans une version plus aboutie. La collaboration s’est approfondie avec Germinal, Les thermes, et plus récemment Corps Diplomatique. 

entretien réalisé par Patrick Beaumont

AVEC ANTOINE DEFOORT


Qu’est-ce qui vous identifie comme artiste-citoyen ?
Cela fait 35 ans que je vis dans la région Hauts-de-France et j’y suis attaché. De même que j’envisage ma pratique artistique comme de la recherche, je considère que mon attention doit se porter sur trois pôles. Les lieux d’abord en définissant ensemble, de façon horizontale, les modalités de présentation idéales du travail ; la communauté des artistes, ensuite, pour qu’ils qu’ils puissent cultiver l’exercice de leur liberté au service d’un art qui étend notre territoire. Enfin, l’attention portée aux formes performatives et liées à la poésie passe depuis toujours par des ateliers avec des publics en milieu scolaire, universitaire, dans et hors des théâtres, pour élargir notre regard le plus tôt possible.

Si mon travail, c’est de construire une république idéale comme le disait Robert Filliou, cette république a un ancrage géographique lié aux communautés qui se trouvent sur ce territoire. En somme, ce qui fait communauté pour moi aujourd’hui, c’est la communauté des spectateurs autant que la communauté des gens qui soutiennent notre travail, et bien sûr ça ne se résume pas aux Hauts-de-France mais à toute l’Europe. Ceci étant, s’il y a des enjeux politiques dans mon travail, ils sont essentiellement dans la défense d’une ligne esthétique radicale, en veillant à créer les meilleures modalités d’écoute et de réception chez les spectateurs mais aussi en préservant des conditions de travail qui favorisent une certain soin dans la création d’un projet.

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