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Cédric Orain

Compagnie la Traversée

C’est ce rapport intime à la parole qui me fascine, cette quête de la voix perdue. Dans mon parcours, j’ai souvent travaillé avec des artistes de différentes disciplines – comme le mentaliste Kurt Demey ou le marionnettiste Julien Aillet – car j’ai besoin de collaborer avec des artistes qui n’ont pas cette formation du théâtre de texte.

Parlez-nous de votre parcours…

J’ai abordé le théâtre assez tard puisque j’ai d’abord suivi des études d’ingénieur en mathématiques appliquées. En 1999, j’ai voulu intégrer l’école de musique du Conservatoire de Grenoble mais j’étais trop «vieux» et, par second choix, j’ai suivi une formation d’acteur. Au bout de quelques mois, j’ai abandonné les études d’ingénieur car j’adorais le rapport au jeu, à la parole, au corps ; monter sur scène avec des textes puissants… Le théâtre m’a permis de trouver ma place.

J’ai ensuite suivi la classe libre du cours Florent et travaillé comme acteur dans différents spectacles. En 2004, j’ai fondé la compagnie La Traversée, poussé par la nécessité de créer un premier spectacle. C’était un montage de textes d’Antonin Artaud. J’ai alors eu le sentiment de pouvoir enfin inventer mon propre théâtre, de devenir maître de mon désir. En 2006, j’ai adapté un texte de Georges Bataille. Plus tard, ce furent des textes de Pascal Quignard ou de Valère Novarina. Ce qui relie ces auteurs, c’est qu’ils ont un rapport à la parole très fort, comme s’ils étaient à la recherche d’une voix disparue… Artaud parle de l’impossibilité du langage, comme s’il y avait un manque entre la parole et lui-même. Quignard parle magnifiquement de l’énigme du langage, de la frontière entre la langue et le silence, la musique. Novarina est une machine verbale mais parle en permanence du mystère de la parole, déconstruisant la langue pour qu’elle nous échappe. C’est ce rapport intime à la parole qui me fascine, cette quête de la voix perdue. Dans mon parcours, j’ai souvent travaillé avec des artistes de différentes disciplines – comme le mentaliste Kurt Demey ou le marionnettiste Julien Aillet – car j’ai besoin de collaborer avec des artistes qui n’ont pas cette formation du théâtre de texte. J’ai besoin de cette altérité ; une façon de revisiter l’écriture théâtrale.



MENTOR

NICOLE GAUTIER


Qu’est-ce qui vous identifie comme artiste-citoyen ?
À Valenciennes, avec la compagnie, nous travaillons avec les options théâtre des lycées de l’Escaut et Watteau dont les cours se déroulent au phénix. On suit ainsi l’évolution des élèves sur deux ou trois ans. Cette saison (16-17), nous travaillons sur le théâtre de répertoire comme Euripide ou Brecht. Je me pose toujours cette question essentielle : qu’est-ce que ces œuvres racontent à la jeune génération ? Qu’est-ce que cela leur fait en 2017 de travailler sur les Bacchantes par exemple… Et c’est forcément lié à l’endroit où ils habitent, à leur quotidien, à leur histoire personnelle.


Cédric Orain, artiste associé au phénix de 2012 à 2016, est aujourd’hui associé à la Maison de la culture d’Amiens. Cette dernière et le phénix ont décidé d’unir leurs forces au sein d’un Campus européen décentralisé pour l’accompagnement de la jeune création en Hauts-de-France Amiens/Valenciennes. Ce dispositif nouveau permet aux deux maisons d’accompagner conjointement des projets en leur offrant des moyens de production renforcés, des temps de résidence dans les deux théâtres et des séries allongées de premières représentations. Notre parole, répété en juin 2018 au phénix, sera finalisé et créé à Amiens en octobre 2018 avant d’être repris à Valenciennes début 2019.

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